Qui peut injecter botox et fillers en Lituanie, et où
En Lituanie, les injections de toxine botulique et de produits de comblement sont un service de santé soumis à licence. Elles peuvent être pratiquées par un médecin dont la spécialité les couvre, dans un établissement autorisé à les proposer. Un infirmier de soins généraux ou une esthéticienne ne peut pas les réaliser, et aucun certificat de formation n’y change rien.
Si vous êtes un jeune médecin, la première question n’est donc pas de savoir quelle formation suivre, mais si votre qualification vous en donne le droit. La réponse figure dans deux textes : l’arrêté du ministre de la Santé sur la chirurgie esthétique ambulatoire et la norme médicale de votre propre qualification.
Les injections relèvent de la chirurgie esthétique ambulatoire
L’arrêté n° V-11 du ministre de la Santé, du 6 janvier 2020, fixe les exigences applicables aux services de chirurgie esthétique ambulatoire. Sa liste d’actes comprend les injections de produits de comblement tissulaire et les injections de toxine botulique [1]. L’arrêté définit ce service comme une prise en charge programmée qui ne vise pas directement à améliorer la santé. Il est assuré par un chirurgien plasticien et reconstructeur ou par un médecin d’une autre qualification, dans la limite des compétences fixées par la norme médicale lituanienne correspondante [1].
Ces services ne sont pas pris en charge par le fonds de l’assurance maladie obligatoire. L’établissement doit signer avec le patient un contrat qui précise les conditions de réalisation et de paiement, y compris en cas de complication [1].
Votre norme médicale décide si vous pouvez injecter
Chaque qualification a une norme médicale qui en fixe les compétences. Celle des dermatovénéréologues, MN 59:2016, comprend les actes esthétiques, laser, cosmétiques et correcteurs sur la peau, ses annexes, le tissu sous-cutané et les muqueuses, par des méthodes conservatrices et invasives [2].
Le Service national d’accréditation des activités de santé, qui délivre les licences aux médecins et aux établissements, a précisé qui peut pratiquer ces injections. Les injections de toxine botulique et d’acide hyaluronique, la mésothérapie et la biorevitalisation relèvent des dermatovénéréologues et des chirurgiens plasticiens et reconstructeurs ; les chirurgiens oraux et maxillo-faciaux peuvent injecter toxine botulique et produits de comblement au visage et au cou [3]. Le médecin doit avoir terminé l’internat dans la spécialité correspondante et détenir une licence [3].
Si vous êtes médecin généraliste, chirurgien d’une autre spécialité ou encore interne, ce sont votre norme médicale et votre licence qui tranchent, pas un certificat de formation.
Infirmiers et esthéticiennes ne peuvent pas injecter
Les injections esthétiques et correctrices ne font pas partie des compétences de l’infirmier de soins généraux, encore moins de celles d’une esthéticienne, et les formations organisées par les fabricants ou distributeurs de produits de comblement ne peuvent pas les étendre [3].
L’arrêté confie pourtant un rôle à l’infirmier. Le médecin assure la chirurgie esthétique ambulatoire avec un infirmier de soins généraux, et l’un ou l’autre peut surveiller le patient pendant l’acte [1]. Exercer une activité de soins sans en avoir le droit est passible d’une amende administrative de 600 à 1 140 euros [3].
La clinique doit avoir sa propre licence
Un médecin qualifié ne suffit pas. L’établissement doit détenir une licence de soins couvrant la chirurgie esthétique ambulatoire. Il lui faut aussi une convention avec un hôpital offrant au moins des soins chirurgicaux hospitaliers de niveau secondaire, tenu d’accueillir le patient dans les 40 minutes suivant l’indication d’hospitalisation [1].
Il doit disposer d’une salle d’accueil, d’une salle d’actes ou d’un bloc opératoire, d’une salle d’attente et de locaux pour le personnel, d’une trousse de premiers secours, d’un kit de choc anaphylactique et d’un insufflateur manuel de type Ambu [1]. Le médecin décide du traitement après avoir évalué les antécédents, l’examen clinique et, si besoin, les examens complémentaires. Le patient repart avec un extrait écrit de son dossier, transmis aussi à son médecin traitant s’il y consent [1].
Comment vérifier où vous en êtes
- Lisez votre propre norme médicale. Cherchez les actes cutanés esthétiques ou invasifs dans la partie consacrée aux compétences. S’ils n’y figurent pas, vous n’avez pas ce droit.
- Vérifiez que votre licence mentionne cette qualification. Le droit découle de la licence, pas de l’intitulé du poste.
- Demandez à voir la licence de la clinique. Elle doit couvrir la chirurgie esthétique ambulatoire, et la clinique doit avoir une convention de transfert avec un hôpital.
- Si votre spécialité n’est pas sur la liste, prévoyez le parcours nécessaire. Le droit s’acquiert par l’internat dans une spécialité qui le confère, pas par une formation courte.
- Une fois le droit acquis, choisissez une formation avec pratique encadrée. Une formation vous permet d’acquérir le geste sur de vrais patients sous la supervision d’un praticien qualifié ; elle n’ajoute pas une compétence absente de votre norme.
Cet article s’appuie sur les versions consolidées en vigueur en octobre 2026 ; l’arrêté V-11 a été modifié pour la dernière fois en juillet 2021 [1]. Avant de signer un contrat avec une clinique, demandez sur quelle norme médicale elle s’appuie pour vous confier ce travail, et lisez cette norme vous-même.
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