Ouvrir un cabinet de médecine esthétique : la première année
Au cours de sa première année, un nouveau cabinet de médecine esthétique doit avoir réglé cinq points : les obligations légales du pays où il exerce, la préparation aux complications, une formation qui se poursuit après l'ouverture, des tarifs et des durées de rendez-vous qui laissent le temps de travailler avec soin, et un système simple pour revoir les patients.
Les trois premiers points s'appuient sur des revues de la littérature et protègent directement les patients. Les deux derniers relèvent de la gestion courante du cabinet, et ce sont eux qui déterminent si, un jour de forte affluence, il reste du temps pour les trois premiers.
Vérifiez ce qu'exige votre pays avant d'ouvrir
La réglementation des actes esthétiques varie fortement d'un pays à l'autre. Une revue exploratoire de la réglementation de la chirurgie plastique et esthétique en Australie, au Royaume-Uni et en Italie a comparé la manière dont chaque pays traite les qualifications des praticiens, leur responsabilité et la sécurité des patients, et a appelé à durcir les règles [1]. Avant d'ouvrir, vérifiez quelles exigences s'appliquent là où vous exercerez en matière de qualifications, d'assurance, de locaux et de consentement.
Préparez-vous aux complications avant le premier patient
Un consensus international sur les complications des produits de comblement à base d'acide hyaluronique met l'accent sur la prévention et la préparation : des protocoles clairs, le matériel d'urgence adapté sur place, un consentement structuré et une prise en charge rapide de tout événement indésirable [2].
Des comptes rendus de consultation et un dossier patient standardisés font partie de cette même préparation. Ils montrent ce qui a été évalué, ce que le patient a accepté et ce qui a été fait, c'est-à-dire exactement ce dont vous aurez besoin en cas de problème.
Continuez à vous former après l'ouverture
Une méta-analyse portant sur plusieurs professions de santé a montré que la formation par simulation, comparée à l'absence de formation, était associée à de meilleures connaissances, compétences et pratiques, ainsi qu'à de meilleurs résultats pour les patients [3]. Pour un nouveau cabinet, l'enseignement à en tirer est de poursuivre une pratique encadrée tout au long de la première année, sans considérer la première formation comme un aboutissement.
Des tarifs et des rendez-vous qui laissent le temps de bien faire
Quatre règles de gestion simples favorisent un exercice sûr.
- Fixez vos tarifs selon le résultat et la sécurité. Le prix doit refléter le résultat et les mesures de sécurité qui l'accompagnent, et non s'aligner sur le tarif le plus bas du marché.
- Protégez la durée des rendez-vous. Prévoyez assez de temps pour la consultation, le consentement et le soin, sans précipiter aucune de ces étapes.
- Annoncez des prix clairs. Pendant la consultation, avant tout accord, expliquez honnêtement au patient ce qu'il peut attendre.
- Mettez en place un système de rappel. Une simple liste des patients à revoir pour un contrôle ou un nouveau soin, avec la date prévue, permet de garder le contact avec eux.
Avant le premier rendez-vous, faites les vérifications légales, rédigez le protocole de prise en charge des complications, constituez le matériel d'urgence et inscrivez au calendrier de la première année des séances pratiques encadrées pour les actes que vous réaliserez le plus souvent.