Formation botox : ce qu’une première formation doit inclure
Une première formation à la toxine botulique doit enseigner l’anatomie, la pharmacologie et la sélection des patients sur lesquelles repose le traitement, ainsi que les effets indésirables que vous rencontrerez, puis vous faire traiter de vrais patients sous supervision étroite. Une démonstration peut vous donner le sentiment d’être prêt. Seule la pratique encadrée montre si vous l’êtes.
Aucun texte européen ne fixe de programme. La norme publique la plus détaillée a été rédigée en 2015 par Health Education England, l’organisme anglais de formation des professionnels de santé, à la demande du ministère de la Santé [1]. C’est une recommandation pour l’Angleterre, pas une loi dans votre pays, mais elle décrit le contenu d’une formation complète plus précisément que tout autre document public.
La théorie : anatomie, pharmacologie et patients à ne pas traiter
La norme anglaise énumère ce qu’une formation à la toxine botulique doit enseigner. Elle commence par une connaissance approfondie de l’anatomie du visage et du cou, vaisseaux, nerfs et muscles compris, et par la différence entre rides statiques et dynamiques [1]. Viennent ensuite les changements liés à l’âge, les contre-indications comme la grossesse, l’allaitement ou des antécédents de maladie neuromusculaire, et la pharmacologie des différents produits : délai d’action, durée, diffusion et équivalence des doses d’un produit à l’autre [1].
Elle exige aussi des connaissances pratiques : comment reconstituer et conserver le produit, et où se trouvent les zones à risque. Vous devez savoir reconnaître un mauvais résultat et le corriger en vous appuyant sur votre connaissance des interactions entre les muscles du visage [1].
Les effets indésirables que verra un débutant
Une revue systématique de 35 essais cliniques portant sur 8 787 participants a recensé les effets indésirables liés au traitement esthétique par toxine botulique. Pour le tiers supérieur du visage, il s’agissait d’une chute de la paupière supérieure dans 2,5 % des cas, d’une chute du sourcil dans 3,1 % et de troubles sensoriels oculaires dans 3 %. Pour le tiers inférieur, une asymétrie ou un déséquilibre des lèvres est apparu dans 6,9 % des cas. Tous ont disparu spontanément [3].
Ces taux proviennent d’essais cliniques, et non des premiers patients d’un débutant. Une formation doit vous apprendre à expliquer ces effets avant le traitement, à les reconnaître lors du suivi et à prendre en charge le patient jusqu’à leur disparition. La norme anglaise ajoute des risques plus rares à savoir prendre en charge, dont les troubles de la parole ou de la déglutition et la détresse respiratoire [1].
C’est la pratique, pas la démonstration, qui forme le geste
Dans une petite étude, 20 infirmiers de pratique avancée, assistants médicaux et internes ont appris l’injection esthétique de toxine botulique soit par un cours et une vidéo, soit par un cours et une simulation pratique. À l’issue de la formation, les deux groupes avaient un niveau de confiance et des notes à l’écrit comparables. À l’épreuve pratique, le groupe simulation a obtenu une médiane de 59,0 contre 44,5 [2].
Ceux qui avaient seulement regardé se sentaient aussi prêts que ceux qui avaient pratiqué, mais ont obtenu de moins bons résultats. La norme anglaise exige qu’au moins la moitié du programme porte sur les compétences pratiques, dont 80 % en principe en situation clinique réelle. Une simulation haute fidélité est acceptée comme alternative dans certains cas [1].
Combien de patients, et qui supervise
Pour le tiers supérieur, la norme anglaise fixe un minimum de 10 traitements observés sur 10 patients différents et de 10 réalisés sous supervision sur 10 autres. Chaque traitement comprend une consultation complète, et le superviseur évalue la maîtrise. Ce sont des minimums, et certains apprenants auront besoin de plus [1].
Le taux d’encadrement compte autant que le nombre de cas : pas plus de 10 apprenants par démonstrateur, pas plus de 4 par superviseur en pratique, et un pour un lorsque le référentiel l’exige, les actes injectables étant l’exemple qu’il donne. Le superviseur doit avoir au moins 3 ans d’expérience et au moins 150 actes identiques à son actif, savoir prendre en charge les complications et prescrire si nécessaire, et être couvert par une assurance responsabilité civile professionnelle. Les patients doivent être informés de la participation d’un apprenant et pouvoir refuser [1].
Les questions à poser avant de vous inscrire
- Combien de patients vais-je traiter moi-même ? Demandez un chiffre précis, et s’il s’agit de vrais patients ou de modèles de simulation.
- Combien d’apprenants par superviseur pendant que j’injecte ? L’idéal est un apprenant par superviseur.
- Qui supervise ? Demandez depuis combien de temps il injecte et s’il traite encore des patients.
- Qu’enseigne-t-on sur les effets indésirables ? Demandez ce qui se passe si votre patient présente une chute de paupière après la fin de la formation, et qui vous pourrez appeler.
- Évalue-t-on la compétence ou la présence ? Une formation qui vous délivre une attestation sur la seule présence n’a pas vérifié ce que vous savez faire.
Avant de payer, demandez à l’organisme le programme détaillé indiquant les heures de pratique et le nombre de patients que vous traiterez vous-même.
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